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Travailler en Suisse tout en résidant en France attire de nombreux salariés grâce à des salaires souvent plus élevés qu’en France. Mais au moment de la retraite, le scénario se complique. Âge légal, régimes différents, fiscalité… il est essentiel de connaître les règles pour ne pas être surpris et optimiser sa pension.
Âge légal et conditions de départ à la retraite
En France, l’âge légal pour partir à la retraite est fixé à 64 ans depuis la réforme de 2023. Des exceptions existent pour les carrières longues, les personnes handicapées ou ayant exercé un travail pénible. Pour obtenir une retraite à taux plein, il faut valider un certain nombre de trimestres, selon l’année de naissance.
En Suisse, l’âge légal est de 65 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes. Il est possible d’anticiper son départ, mais chaque année prise avant l’âge légal entraîne une décote d’environ 6,8 %. Il suffit toutefois d’une seule année de cotisation à l’AVS pour prétendre à une pension.
Il est important de rester informé, car les règles évoluent régulièrement, notamment en France où de nouvelles réformes sont attendues.
Comprendre le système suisse des 3 piliers
La retraite suisse repose sur un système en trois piliers complémentaires, chacun jouant un rôle précis dans la constitution de la pension.
Premier pilier : l’AVS (Assurance Vieillesse et Survivants)
Créé en 1946, ce pilier obligatoire couvre les besoins vitaux. Il fonctionne par répartition : les actifs financent les pensions des retraités. Toute personne dès 17 ans travaillant en Suisse est affiliée. Les cotisations sont partagées entre l’employeur et le salarié. Les frontaliers y sont soumis dès leur premier emploi en Suisse.
Deuxième pilier : la LPP (Prévoyance professionnelle)
Mis en place en 1985, le deuxième pilier vise à maintenir le niveau de vie. Il est obligatoire pour les salariés gagnant plus de 21 510 CHF par an (seuil 2021) et fonctionne par capitalisation. Le montant de la pension dépend de :
- l’âge du salarié ;
- le salaire perçu ;
- le plan de prévoyance défini par l’employeur ;
Il est aussi possible de racheter des années manquantes pour augmenter sa future rente.
Troisième pilier : l’épargne retraite privée
Ce pilier est volontaire et permet de compléter sa pension. Il se divise en deux formules :
- Pilier 3a : réservé aux salariés cotisant aux deux premiers piliers. Retrait possible seulement dans certaines situations (achat immobilier, départ de Suisse, activité indépendante). Imposition entre 5 et 7 % selon les cantons ;
- Pilier 3b : plus flexible, sans obligation de cotiser aux autres piliers. Retrait libre, imposition minimale, mais déclaration nécessaire en France ;
Ce troisième pilier est pratique pour compenser d’éventuelles lacunes des deux premiers piliers.
Pensions cumulables et fiscalité
Bonne nouvelle pour les frontaliers : les retraites suisse et française sont cumulables. Chaque pays verse la part correspondant aux périodes travaillées sur son territoire. Les périodes s’additionnent pour le calcul de la durée totale, mais chaque pension reste distincte.
Quelques points clés à retenir :
- La retraite française est versée par les caisses habituelles selon les droits acquis ;
- La Suisse verse l’AVS directement à l’assuré, même s’il réside en France ;
- La pension du deuxième pilier peut être transformée en rente ou versée en capital, selon le contrat ;
- Les revenus du troisième pilier peuvent offrir un avantage fiscal, notamment via la déduction des versements dans les revenus imposables ;
Attention : quitter la Suisse ou changer d’activité peut entraîner des obligations de maintien de cotisation pour le troisième pilier. Vérifiez attentivement les clauses de votre contrat pour ne pas perdre de droits.
En anticipant et en comprenant ces règles, un frontalier peut planifier sa retraite de façon sereine et éviter de mauvaises surprises financières. La clé reste de se tenir informé, de suivre l’évolution des réformes et d’optimiser ses cotisations sur les trois piliers.

