C’est officiel : la retraite Agirc-Arrco risque de baisser dès janvier 2026, et ce ne sera pas temporaire

Afficher les titres Masquer les titres

La nouvelle est tombée discrètement, mais ses effets pourraient être bien réels pour des millions de retraités. En janvier 2026, le virement de la retraite Agirc-Arrco pourrait afficher un montant en baisse. Non pas à cause d’une décision des caisses de retraite, mais en raison d’un mécanisme fiscal peu visible, lié à la CSG. Une situation qui inquiète déjà de nombreux foyers.

Un début d’année 2026 sous tension pour les retraités du privé

Le passage à la nouvelle année ne s’annonce pas serein pour les anciens salariés du secteur privé. Alors que les prix restent élevés et que le pouvoir d’achat est sous pression, le premier versement de la pension complémentaire pourrait réserver une mauvaise surprise. Contrairement à la retraite de base, le montant de l’Agirc-Arrco ne sera pas revalorisé en janvier.

La valeur du point reste figée à 1,4386 euro. Cette décision découle de l’accord signé par les partenaires sociaux, qui prévoit un gel jusqu’à l’automne suivant. Résultat : sur le papier, le montant brut reste identique. Mais sur le compte bancaire, la somme nette pourrait bel et bien diminuer.

Pourquoi le montant net peut baisser sans changement du brut

Cette baisse potentielle ne vient pas de l’Agirc-Arrco elle-même. Le facteur déclencheur se trouve du côté de la fiscalité. Chaque début d’année, le taux de prélèvements sociaux est réajusté en fonction de votre situation fiscale récente. Et c’est là que le bât blesse.

En janvier 2024, les pensions de retraite de base ont été fortement revalorisées. Cette hausse a mécaniquement augmenté le revenu fiscal de référence de nombreux retraités. Or, ce revenu sert de base pour calculer le taux de CSG appliqué deux ans plus tard, en l’occurrence en 2026.

L’effet ciseaux qui fragilise le pouvoir d’achat

Le problème vient d’un décalage entre l’évolution des revenus et celle des seuils de la CSG. D’un côté, les pensions ont progressé plus vite. De l’autre, les plafonds qui déterminent les taux de prélèvement n’ont été relevés que faiblement, en lien avec une inflation plus modérée.

Conséquence directe : certains retraités risquent de changer de tranche sans avoir réellement gagné en pouvoir d’achat. Un simple dépassement de seuil peut entraîner une hausse du taux de CSG, ce qui réduit immédiatement le montant net versé chaque mois.

Les seuils à vérifier sur votre avis d’imposition

Pour savoir si vous êtes concerné, un réflexe s’impose : consulter votre avis d’imposition. Le revenu fiscal de référence indiqué sur ce document est déterminant. C’est lui qui sert à fixer votre taux de CSG pour l’année suivante.

Pour une personne seule, l’exonération totale s’applique jusqu’à un certain niveau de revenus. Au-delà, on bascule progressivement vers un taux réduit, puis intermédiaire, et enfin normal. Chaque franchissement entraîne une hausse des prélèvements sociaux, incluant la CRDS et d’autres contributions.

Dans les cas les plus élevés, l’ensemble de ces prélèvements peut dépasser 10 % de la pension brute. Un manque à gagner loin d’être anodin pour des retraités déjà attentifs à chaque euro.

Pourquoi l’Agirc-Arrco ne peut rien faire

Il est important de le rappeler : l’Agirc-Arrco applique simplement le taux transmis par l’administration fiscale. Les caisses n’ont aucune marge de manœuvre sur ce point. Le calcul relève exclusivement de la Direction générale des Finances publiques, à partir des données fiscales.

Autrement dit, même si la pension brute reste stable, la caisse est tenue de prélever le taux actualisé, sans possibilité d’ajustement ou de négociation.

Un mécanisme de protection, mais pas pour tous

Heureusement, un dispositif de lissage existe pour éviter des hausses trop brutales. Il prévoit qu’un changement de taux ne s’applique pleinement que si le dépassement d’un seuil est constaté sur deux années consécutives. Cela permet à certains retraités de souffler un peu.

Mais attention, ce filet de sécurité ne fonctionne pas dans tous les cas. Il ne s’applique pas lors du passage de l’exonération au taux réduit. Et pour ceux qui étaient déjà proches d’un seuil, la hausse peut tomber dès janvier.

Le meilleur conseil reste donc la vigilance. Surveillez attentivement votre virement en début d’année. En cas d’écart, une régularisation est possible, mais les démarches peuvent être longues et complexes.

Dans un contexte économique déjà tendu, cette évolution rappelle à quel point la fiscalité peut peser sur le quotidien des retraités, même sans annonce officielle de baisse des pensions.


Faites passer le mot en partageant !