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Pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, une bonne surprise se profile. La suspension récente de la réforme des retraites ouvre la possibilité d’un départ anticipé dès 60 ans et 3 mois pour certains profils. Mais attention : ce bénéfice ne s’appliquera qu’à partir du 1er septembre 2026, excluant ainsi une partie des départs en début d’année. On fait le point sur ce que cela signifie pour les carrières longues.
Qui peut bénéficier du dispositif carrière longue ?
Pour profiter du départ anticipé, deux conditions cumulatives sont nécessaires. D’abord, avoir commencé à travailler très jeune, avant 16, 18 ou 20 ans. Concrètement, il faut avoir validé 4 à 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 16, 18 ou 20 ans, selon le mois de naissance. Ensuite, il faut atteindre un nombre précis de trimestres réputés cotisés, plus strict que les trimestres simplement validés. Cette double exigence explique que de nombreux dossiers soient chaque année refusés.
À quel âge partir avec la suspension de la réforme ?
Grâce à l’amendement adopté, les assurés nés à partir de 1964 pourront partir 3 mois plus tôt que prévu par la réforme de 2023. Par exemple, une personne née en avril 1964 pourra prendre sa retraite à 60 ans et 3 mois au lieu de 60 ans et 6 mois. Mais ce gain ne s’appliquera qu’aux pensions effectives à partir du 1er septembre 2026. Tous les départs avant cette date restent soumis à l’ancien calendrier, un point qui continue de faire débat.
Combien de trimestres sont nécessaires ?
Le principal avantage de cette suspension est la réduction d’un trimestre pour atteindre la retraite à taux plein. Ainsi, un assuré né en début 1965 (janvier à mars) devra valider 170 trimestres au lieu de 171. Cela peut représenter plusieurs mois de travail en moins. En revanche, pour les personnes nées à partir d’avril 1965, le nombre de trimestres augmente : 171 pour les nés en 1965 et 172 dès 1966. Une vigilance particulière s’impose donc selon l’année de naissance.
Grands gagnants et exclus de la mesure
Les principaux bénéficiaires sont les retraités nés en 1964 ou début 1965, pour lesquels la réforme recule de 3 à 6 mois. En revanche, ceux dont le départ était prévu début 2026 ne profiteront pas de ce décalage. Le gouvernement justifie ce report par des contraintes techniques, mais la CFDT dénonce un « prétexte » injustifié. De nombreux futurs retraités estiment ainsi être lésés par ce calendrier tardif.
Ce qui reste inchangé pour les autres profils
Les autres paliers de départ anticipé ne bougent pas. Ceux qui ont commencé avant 16 ans peuvent partir à 58 ans, avant 18 ans à 60 ans, et avant 21 ans à 63 ans, sous réserve d’avoir cotisé le nombre de trimestres requis. La suspension n’affecte ni l’âge minimal, ni le calcul des trimestres pour ces profils. L’effet concerne donc uniquement les carrières longues entre 20 et 21 ans, touchées par la réforme Borne et concernées par ce léger ajustement.
Anticiper et vérifier ses droits
Cette suspension de la réforme apporte un soulagement pour certains assurés, notamment ceux nés en 1964 et 1965. Toutefois, son application en septembre 2026 laisse de côté de nombreux départs anticipés. Si vous êtes éligible au dispositif carrière longue, il est important de vérifier attentivement votre date de départ et le nombre de trimestres cotisés.
Vous êtes concerné par cette mesure ? Avez-vous prévu d’en profiter ? Partagez votre expérience en commentaire pour aider d’autres futurs retraités à y voir plus clair.

