Compteur Linky : entourer le boîtier de papier aluminium — une habitude courante, mais vraiment dangereuse

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Depuis plusieurs années, le compteur Linky cristallise les peurs. Ondes, surveillance, santé… Les inquiétudes s’accumulent et, avec elles, des pratiques censées « se protéger ». L’une d’elles revient souvent sur les réseaux sociaux : entourer son compteur de papier aluminium. Présentée comme une solution simple et rassurante, cette idée cache en réalité des risques sérieux, bien loin de la promesse de sécurité avancée.

Pourquoi cette pratique séduit autant de foyers

Déployé massivement depuis 2015, le compteur communicant d’Enedis devait simplifier la vie des usagers. Mais pour une partie des Français, il incarne surtout une technologie imposée, mal comprise, et donc redoutée. Ce climat de méfiance a ouvert la porte à de nombreuses rumeurs.

Sur internet, l’argumentaire revient toujours avec les mêmes mots :

  • la peur des ondes électromagnétiques supposément émises par le compteur ;
  • la crainte d’une surveillance permanente de la consommation électrique ;
  • l’idée que l’aluminium agirait comme un bouclier protecteur.

Le succès de cette astuce tient à sa simplicité. Une feuille d’alu, peu coûteuse, accessible à tous, et l’impression immédiate de reprendre le contrôle. Un geste qui rassure, surtout lorsqu’il est présenté dans une vidéo courte, appuyée sur la peur et l’émotion.

Ce que disent vraiment les mesures officielles

Les témoignages de personnes évoquant des maux de tête ou des troubles du sommeil après l’installation de Linky existent. Ils méritent d’être écoutés. Mais sur le plan scientifique, ils ne suffisent pas à prouver un danger lié au compteur.

Les campagnes de mesures menées par l’Agence nationale des fréquences apportent des éléments concrets. En conditions réelles, les émissions du compteur Linky se situent très largement en dessous des seuils autorisés. Elles sont même nettement inférieures à celles produites par des objets du quotidien comme la box Wi-Fi ou le smartphone.

Autre point souvent ignoré : le compteur n’émet pas en continu. Les transmissions sont courtes et se font généralement la nuit, sur des plages horaires limitées. Dans un logement classique, l’exposition liée au compteur reste marginale.

Du papier alu aux gadgets anti-ondes : une même illusion

La peur des ondes ne date pas de Linky. Avant lui, les téléphones portables et les antennes relais ont suscité les mêmes réactions. Résultat : une explosion de produits dits « protecteurs » vendus comme des solutions miracles.

Des études indépendantes ont montré que certains de ces dispositifs étaient inefficaces, voire contre-productifs. En perturbant la réception, ils peuvent pousser les appareils à émettre davantage. Le papier aluminium autour du compteur s’inscrit dans cette logique trompeuse, avec une différence majeure : ici, on touche directement à une installation électrique.

Pourquoi envelopper son Linky est une très mauvaise idée

Le premier danger est thermique. Comme tout appareil électrique, le compteur dégage un peu de chaleur. Sa conception prévoit une ventilation minimale. En l’enveloppant de plusieurs couches d’aluminium, on empêche cette circulation de l’air.

  • une montée progressive de la température interne ;
  • des coupures de courant en cas de dysfonctionnement.

Dans des conditions défavorables, notamment dans un espace mal ventilé, le risque de surchauffe augmente. L’aluminium, très fin, peut aussi se déchirer et entrer en contact avec des éléments sensibles.

Autre problème majeur : l’aluminium est un excellent conducteur électrique. En cas de défaut, il peut se retrouver sous tension. Le simple fait de le toucher ou de le repositionner expose alors à un risque d’électrocution, notamment pour les enfants.

Enfin, le compteur Linky ne vous appartient pas. Toute modification ou obstruction est strictement interdite. En cas de sinistre, ce bricolage peut servir de motif à un refus d’indemnisation par l’assurance.

Quelles alternatives sans danger pour les personnes inquiètes

Pour ceux qui restent préoccupés, il existe des solutions légales et sûres. Elles passent par des gestes simples, sans toucher au compteur.

  • demander une limitation de la précision des relevés de consommation ;
  • éloigner les principales sources d’ondes dans les pièces de vie ;
  • consulter les rapports officiels disponibles publiquement ;
  • parler à un professionnel de santé en cas de symptômes persistants.

Le malaise ressenti par certaines personnes est réel, même si aucun lien direct n’a été établi avec les champs électromagnétiques aux niveaux domestiques. L’enjeu est donc de gérer cette anxiété sans créer de nouveaux dangers.

Réseaux sociaux : quand une astuce devient un risque

Le phénomène du papier aluminium illustre un problème plus large. Les réseaux sociaux regorgent de conseils bricolés, rarement vérifiés, qui touchent à des domaines sensibles comme l’électricité ou le chauffage.

Une règle simple peut éviter bien des accidents : dès qu’un conseil concerne une installation électrique, mieux vaut se


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