« La taxe foncière va grimper encore en 2026 : plus de 1 100 € à prévoir par propriétaire »

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Les propriétaires n’en finissent plus de voir la taxe foncière augmenter. Après plusieurs années de hausses successives, la note devrait encore s’alourdir en 2026. En cause : l’inflation, qui sert de base de calcul à cet impôt local payé par près de 6 ménages sur 10. Résultat, la facture moyenne devrait dépasser les 1 100 euros l’an prochain, sans compter les coups de pouce supplémentaires que peuvent décider les communes.

Pourquoi la taxe foncière augmente automatiquement chaque année

Pour comprendre cette nouvelle hausse, il faut revenir à la façon dont est calculée la taxe foncière. Chaque année, l’État revalorise les bases sur lesquelles s’appuie cet impôt, en fonction du niveau de l’inflation constaté par l’Insee au mois de novembre de l’année précédente. C’est un mécanisme automatique, indépendant des décisions des communes.

Concrètement, si l’inflation de novembre progresse, les bases de calcul de la taxe foncière augmentent également, ce qui fait monter la facture pour les propriétaires. Ce principe s’applique à toutes les communes de France, qu’il s’agisse d’une grande ville, d’une petite commune rurale ou d’une agglomération moyenne.

Ce système a déjà provoqué plusieurs hausses sensibles ces dernières années. En 2023, la taxe foncière a pris au minimum 7,1&nbsp%; en 2024, la hausse a encore été de 3,9&nbsp%; en 2025, elle a progressé de 1,7 %. Chaque année, la facture grimpe un peu plus, même sans changement de taux voté par les collectivités.

2023, 2024, 2025 : trois années de hausses qui pèsent lourd

En trois ans, l’addition est loin d’être anecdotique pour les propriétaires. D’après les chiffres moyens, la taxe foncière s’élevait à 1 034 € en 2023. Elle est montée à 1 074 € en 2024, puis 1 092 € en 2025. Autrement dit, en quelques années seulement, la facture annuelle a pris près de 60 €.

Cette progression est directement liée au niveau de l’inflation enregistré chaque mois de novembre. Plus les prix augmentent dans l’économie, plus les bases de la taxe foncière sont revalorisées. Même si, en 2025, la hausse a été moins forte que les années précédentes, les augmentations s’additionnent d’année en année et finissent par peser sur le budget des ménages.

Pour les propriétaires aux revenus stables, ces hausses répétées de la taxe foncière sont d’autant plus difficiles à absorber que d’autres dépenses contraintes grimpent aussi : assurance habitation ; énergie ; alimentation. Beaucoup ont le sentiment de payer toujours plus, sans forcément voir d’amélioration de leur pouvoir d’achat.

2026 : une nouvelle hausse d’au moins 1 % attendue

Selon des estimations d’experts relayées par le JDN, l’inflation de novembre 2025 devrait tourner autour de 1 %. Le chiffre définitif sera publié par l’Insee début décembre, mais cette prévision suffit déjà à fixer le cadre : en 2026, la taxe foncière augmentera au minimum d’environ 1 % partout en France.

En prenant cette hypothèse, la facture moyenne passerait d’environ 1 092 € en 2025 à près de 1 102 € en 2026. Cela représente une hausse d’une dizaine d’euros en un an, mais surtout un bond de l’ordre de 68 € par rapport à 2023, soit une progression cumulée d’environ 6,6 % en trois ans.

Dit autrement, même sans décision spectaculaire des communes, les propriétaires paieront plus cher leur taxe foncière en 2026. Et ce n’est que le scénario « minimal », basé uniquement sur la revalorisation liée à l’inflation.

Les communes peuvent encore alourdir la note

La mauvaise nouvelle, c’est que cette hausse d’environ 1 % ne constitue qu’un plancher. Les collectivités locales gardent la main sur une autre variable : le taux d’imposition. Chaque année, les communes peuvent décider d’augmenter, de maintenir ou, plus rarement, de réduire ce taux, via un vote en conseil municipal.

Au printemps 2026, de nombreuses municipalités se pencheront sur la question. Avec des budgets souvent sous tension, certaines pourraient être tentées d’augmenter le taux de la taxe foncière pour financer leurs dépenses : écoles ; voirie ; équipements publics. Pour les propriétaires, cela se traduirait par une hausse supplémentaire, venant s’ajouter à celle liée à l’inflation.

Les détenteurs d’un appartement, d’une maison, d’un terrain ou encore d’un local commercial devront donc attendre les décisions de leur commune pour connaître précisément le montant qu’ils auront à payer en 2026. La facture finale pourra varier sensiblement d’une ville à l’autre, voire d’un quartier à l’autre, selon la politique fiscale locale.

Qui devra payer la taxe foncière en 2026 ?

La règle reste la même : toute personne qui possède au moins un bien immobilier au 1er janvier sera redevable de la taxe foncière pour l’année en cours. Peu importe qu’il s’agisse de la résidence principale ou d’un logement vacant, d’un bien loué ou d’un terrain non bâti.

Selon les dernières données de l’Insee et de la Direction générale des Finances publiques, environ 57,4 % des ménages français sont propriétaires. Cela représente près de 38 millions de personnes concernées par la taxe foncière. Parmi eux, près de 9,7 millions de ménages sont multipropriétaires et possèdent plusieurs biens.

Pour ces derniers, la facture peut rapidement s’envoler. Chaque logement, chaque terrain, chaque bien supplémentaire entraîne une nouvelle taxe foncière. En 2026, les multipropriétaires devront donc régler plusieurs avis d’imposition, potentiellement en hausse dans chacune des communes où se situent leurs biens.

Une charge de plus dans un contexte déjà tendu pour les ménages

Face à cette nouvelle hausse annoncée, beaucoup de propriétaires ont le sentiment de ne plus voir le bout du tunnel. Les crédits immobiliers sont plus chers ; les charges de copropriété augmentent ; les travaux de rénovation énergétique se multiplient. La taxe foncière qui dépasse les 1 100 € en moyenne apparaît comme une charge de plus, difficilement compressible.

Certains ménages, notamment les retraités ou les foyers aux revenus modestes, risquent d’avoir du mal à faire face. Dans certains cas, des dispositifs d’allégement existent (plafonnement, exonération ou dégrèvement sous conditions de ressources ou de situation), mais ils ne concernent qu’une partie limitée des contribuables.

Une chose est sûre : pour 2026, la taxe foncière ne sera pas en baisse. Entre l’inflation qui alimente automatiquement les bases de calcul et les décisions possibles des communes au printemps, les propriétaires ont tout intérêt à anticiper cette dépense dans leur budget. Un impôt local qui, année après année, pèse un peu plus sur le portefeuille des ménages.


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