Changement légal : une hausse des loyers prévue pour 10 millions de locataires

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En 2025, les locataires français doivent se préparer à une mauvaise surprise : une partie d’entre eux verra leur loyer augmenter dans les prochains mois. Cette hausse, encadrée par la loi et calculée selon un indice précis, concerne principalement les logements privés, mais touche indirectement l’ensemble du marché locatif. Explications.

Qui sera concerné par cette hausse ?

En France, près de 4 Français sur 10 vivent dans un logement qu’ils ne possèdent pas. Selon l’Insee, ce sont environ 20 millions de locataires, dont la moitié réside dans des logements sociaux comme des HLM ou des logements intermédiaires, et l’autre moitié dans des logements privés appartenant à des particuliers. Ce sont ces derniers qui risquent de voir leur loyer augmenter d’ici la fin de l’année 2025 ou au début de 2026.

Cette hausse intervient alors que l’année 2025 a déjà connu une augmentation moyenne des loyers de 3,3%, largement supérieure à l’inflation officielle de 1,3%. Pour les locataires, cette situation représente un coût supplémentaire, souvent difficile à absorber dans un contexte économique tendu.

Comment se calcule la hausse des loyers ?

Les hausses de loyers sont encadrées par l’Indice de Référence des Loyers (IRL), publié tous les trois mois par l’Insee. Cet indice se base sur l’évolution de l’inflation sur les 12 derniers mois. Au 3ᵉ trimestre 2025, l’IRL s’établit à 145,77, soit une progression de 0,87% sur un an. Cela signifie que les propriétaires peuvent augmenter le loyer de leurs locataires de 0,87% maximum.

Pour illustrer, un locataire payant actuellement 850 euros par mois pourrait voir sa facture passer à 857 euros après révision. L’augmentation ne peut intervenir qu’une fois par an, à la date anniversaire de la signature du contrat de location. Par exemple, un bail signé en novembre 2024 pourra être revalorisé en novembre 2025, pas avant ni après.

Calendrier des augmentations

Les locataires doivent connaître la date de leur bail pour savoir quand le loyer peut être ajusté :

  • Contrats signés entre mi-octobre et mi-décembre : hausse possible fin 2025 ;
  • Contrats signés entre mi-janvier et mi-mars : hausse après publication de l’IRL du 4ᵉ trimestre 2025, le 15 janvier ;
  • Contrats signés entre mi-avril et mi-juin : augmentation possible après publication de l’IRL du 1ᵉʳ trimestre 2026 ;

Cette règle permet de lisser les hausses sur l’ensemble de l’année et de respecter la législation en vigueur.

Conditions légales pour réviser le loyer

Un propriétaire ne peut pas augmenter le loyer à sa guise. Plusieurs conditions doivent être respectées :

  • Le bail doit contenir une clause de révision du loyer ;
  • Le logement doit être utilisé comme résidence principale par le locataire ;
  • Si le bien est classé comme passoire thermique avec une note F ou G au DPE, aucune augmentation n’est autorisée ;
  • La révision doit respecter le calcul de l’IRL et ne pas dépasser le pourcentage autorisé.

Ces règles visent à protéger les locataires tout en permettant aux propriétaires de suivre l’évolution de l’inflation et de leurs charges.

Un impact sur le budget des ménages

Pour de nombreux locataires, même une augmentation de moins de 1% représente un coût supplémentaire, parfois difficile à intégrer dans le budget mensuel. Avec plus de 10 millions de locataires concernés dans le parc privé, la répercussion sur le marché locatif et sur le pouvoir d’achat est significative.

Les experts rappellent que, malgré cette hausse, le mécanisme reste légal et encadré. « L’Indice de Référence des Loyers protège les locataires contre des augmentations excessives tout en permettant aux propriétaires de suivre l’inflation », souligne un économiste interrogé par la presse.

Pour les locataires des logements sociaux, la situation reste différente, la plupart des hausses étant plafonnées ou subventionnées. Mais pour le parc privé, cette augmentation légale pourrait se reproduire chaque année, rendant la vigilance indispensable.

Comment se préparer à la hausse

Les locataires peuvent anticiper cette évolution et ajuster leur budget de plusieurs façons :

  • Vérifier la date d’anniversaire de son bail ;
  • Contrôler la clause de révision dans le contrat ;
  • Évaluer l’impact de l’IRL sur le loyer ;
  • Prévoir un fonds d’épargne pour absorber les hausses futures.

Une bonne organisation permet de limiter les surprises et d’éviter les tensions avec le propriétaire.

Cette hausse légale des loyers montre que, même encadré par la loi, le marché locatif privé reste sensible aux indices économiques et aux ajustements légaux. Pour les locataires, rester informé et anticiper les changements est le meilleur moyen de préserver son budget et d’éviter les mauvaises surprises en fin d’année.


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