La nouvelle est tombée : après plus de 30 ans de gratuité, cette autoroute très empruntée va devenir payante

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Depuis 1987, des dizaines de milliers d’automobilistes profitent chaque jour de cette portion d’autoroute sans débourser un centime. Mais cette période de gratuité arrive bientôt à son terme. Un décret officiel prévoit que certains tronçons, très fréquentés, deviendront payants, bouleversant les habitudes des conducteurs et suscitant déjà de vives réactions.

Un tronçon stratégique bientôt soumis au péage

Située entre Mâcon (Saône-et-Loire) et Passy (Haute-Savoie), l’A40 verra une portion de plus de 10 kilomètres passer en flux libre payant à partir du 1er février 2029. Cette mesure fait partie d’un plan plus large de modernisation autoroutière, qui touche déjà des axes comme l’A79, l’A13, l’A14 ou l’A4. L’objectif officiel est de fluidifier le trafic et d’optimiser la collecte des péages tout en supprimant les barrières physiques.

Toute l’autoroute ne sera pas concernée. Seuls les 58 kilomètres compris entre Passy et Etrembières dans le département de Haute-Savoie seront soumis à cette nouvelle règle. Dès le printemps 2027, les conducteurs n’auront plus besoin de s’arrêter aux bornes mais devront régler leur passage sous 72 heures, soit via une plateforme en ligne, soit chez un buraliste.

Une portion historique devient payante

Les habitants et les travailleurs frontaliers qui utilisent quotidiennement le tronçon AnnemasseSaint-Julien-en-Genevois, gratuit depuis 1987, devront désormais payer. Cette portion de 12 kilomètres sera intégrée au système de flux libre. Le tarif annoncé est de 1,80 euro par passage, une somme modeste en apparence mais qui peut vite peser sur le budget des usagers réguliers. À raison de 20 jours de travail par mois et d’aller-retour quotidiens, l’addition pourrait atteindre 72 euros chaque mois.

Pour limiter l’impact, l’AMTB prévoit un tarif préférentiel pour les abonnés, descendant jusqu’à 0,94 euro par passage. Mais pour de nombreux conducteurs, cette nouvelle dépense reste une charge supplémentaire à prévoir dans le quotidien.

Les inquiétudes des habitants et élus

La décision provoque une montée de colère dans la région. Les élus et les riverains dénoncent une forme de taxe déguisée, affectant particulièrement les travailleurs frontaliers. Au-delà du coût, la question du trafic inquiète. Beaucoup craignent que les automobilistes cherchent à éviter le péage en empruntant la route départementale 1206, également appelée route de Genève, déjà très encombrée aux heures de pointe.

*“Nous risquons de voir un report massif sur des routes secondaires, ce qui ne fera qu’aggraver les embouteillages et la pollution locale”*, avertissent certains représentants du territoire.

Entre péage et bouchons : un choix difficile

Les conducteurs seront bientôt confrontés à un dilemme : payer pour emprunter un tronçon désormais payant ou subir des ralentissements sur des routes secondaires déjà saturées. Cette situation crée un véritable casse-tête pour les automobilistes qui ont pris l’habitude de circuler librement sur cette autoroute depuis plus de trois décennies.

Certains professionnels et habitants envisagent déjà des alternatives : modifier leurs horaires de passage, privilégier le télétravail quand c’est possible, ou même utiliser des transports en commun pour limiter les coûts. Mais pour de nombreux usagers réguliers, ces solutions ne remplaceront pas la fluidité et le gain de temps offerts par l’A40.

Un changement qui transforme les habitudes

L’introduction du péage sur un tronçon si anciennement gratuit illustre bien la manière dont les services publics évoluent pour répondre aux besoins financiers et techniques des infrastructures. Les autorités mettent en avant la simplification grâce au système de flux libre et à la dématérialisation des paiements. Toutefois, pour les usagers quotidiens, cette transition représente un bouleversement concret dans leur budget et leur trajet quotidien.

En somme, les automobilistes de la région devront s’adapter : anticiper le paiement en ligne ou chez le buraliste, prévoir la dépense mensuelle, et surtout décider s’ils acceptent de passer par le péage ou de risquer des bouchons sur les routes parallèles. Un changement qui rappelle que la gratuité, même prolongée, n’est jamais acquise.

Avec l’arrivée de cette mesure en 2027 et l’extension en 2029, il faudra désormais intégrer ces nouvelles contraintes dans la routine quotidienne. Pour certains, c’est un petit prix à payer pour la fluidité et le confort de l’autoroute ; pour d’autres, un vrai motif de frustration et de réorganisation de leur trajet.


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