C’est officiel : le 80 km/h disparaît, le 90 km/h fait son grand retour sur certaines routes

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Depuis 2018, la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires françaises alimente les débats. Présentée comme une mesure de sécurité, elle a vite été perçue par beaucoup comme une règle trop rigide et mal adaptée aux réalités locales. Aujourd’hui, un tournant s’opère : plusieurs départements, à commencer par l’Eure, annoncent officiellement un retour progressif au 90 km/h sur une partie de leur réseau routier. Un changement qui marque la volonté d’ajuster la réglementation en fonction de la dangerosité réelle des axes plutôt que d’appliquer une règle uniforme.

Pourquoi le 80 km/h touche à sa fin sur certaines routes ?

Dès son entrée en vigueur, le 80 km/h a suscité des critiques. Dans les campagnes, beaucoup d’automobilistes se sont plaints de trajets rallongés et d’une mesure jugée inutile. Les bilans de sécurité réalisés ces dernières années n’ont pas montré de baisse notable du nombre d’accidents ou de la mortalité sur ces routes. Les chiffres sont restés stables, ce qui alimente l’idée qu’une limitation uniforme n’apporte pas les résultats escomptés.

Face à ce constat, certains départements choisissent désormais de revenir à 90 km/h, mais uniquement sur les tronçons jugés suffisamment sûrs, là où la fluidité est possible sans compromettre la sécurité.

Une décision laissée aux départements

Plutôt que d’imposer une règle nationale, les élus locaux privilégient une approche au cas par cas. L’exemple de l’Eure est révélateur : en février 2025, le conseil départemental a voté pour un retour partiel au 90 km/h. Une enquête est en cours pour analyser près de 420 routes afin de définir les axes éligibles. Chaque portion est étudiée individuellement, avec pour objectif de coller au plus près aux réalités du terrain.

Autre nouveauté : certains panneaux de recommandation de vitesse font leur apparition. Ils permettent d’indiquer une vitesse conseillée, que les conducteurs peuvent suivre en fonction des conditions météo ou du trafic.

Quels critères pour repasser à 90 km/h ?

Avant de relever la limitation, plusieurs critères sont passés au crible :

  • l’historique d’accidents ;
  • la visibilité et la configuration des lieux ;
  • la densité du trafic ;
  • la présence de carrefours dangereux ;
  • la qualité du revêtement et des aménagements de sécurité.

Seules les routes considérées comme suffisamment sûres pourront retrouver le 90 km/h. Celles qui présentent encore trop de risques resteront limitées à 80 km/h. L’objectif est d’associer souplesse et vigilance pour protéger tous les usagers.

Les routes concernées par le retour au 90 km/h

La liste définitive dépendra des études menées par chaque département. Dans l’Eure, environ 420 axes sont concernés, principalement des routes rurales droites, sans séparateur central, et empruntées au quotidien par de nombreux habitants.

Les tronçons les plus susceptibles de bénéficier de ce relèvement sont :

  • les routes à faible accidentologie et bonne visibilité ;
  • les axes rectilignes hors zones urbaines ;
  • les itinéraires intercommunaux souvent utilisés pour les trajets domicile-travail ;
  • les portions équipées d’aménagements favorisant la sécurité.

En revanche, dès qu’une route présente un historique d’accidents inquiétant ou des intersections dangereuses, la limitation restera fixée à 80 km/h.

Quels effets attendre de ce retour au 90 km/h ?

Pour beaucoup d’automobilistes, cette évolution représente un gain de temps et une circulation plus fluide. Les longs trajets sur routes départementales devraient devenir moins contraignants, réduisant la frustration née depuis 2018.

Cette souplesse pourrait aussi inciter certains conducteurs à délaisser les grands axes pour revenir sur le réseau secondaire, aidant ainsi à désengorger certaines routes très fréquentées. Mais la prudence reste de mise : l’objectif est d’adapter, pas de généraliser.

Un coût important pour les départements

Revenir au 90 km/h ne se fait pas sans frais. Le remplacement des panneaux de signalisation représente une dépense conséquente : environ 200 000 euros rien que pour l’Eure. À cela s’ajoute la coordination des installations et une campagne de communication pour informer les conducteurs. Les premières semaines seront aussi marquées par des contrôles renforcés afin d’assurer le respect des nouvelles règles.

D’autres départements franchissent le pas

L’Eure n’est pas un cas isolé. De nombreux territoires ruraux se lancent dans la même démarche. Conseils départementaux du sud-ouest, du Massif central ou encore zones périurbaines : tous réfléchissent à un retour partiel au 90 km/h, en s’appuyant sur une analyse détaillée de leur accidentologie.

Certains élus mettent en avant leur connaissance fine du réseau local pour justifier cette autonomie. À terme, la carte de France pourrait afficher des limitations différentes selon les départements, obligeant les conducteurs à redoubler de vigilance lors de leurs déplacements d’une région à l’autre.

Ce retour au 90 km/h signe une nouvelle étape dans la gestion de la vitesse en France : plus souple, plus locale, mais toujours centrée sur la sécurité. Pour les usagers, cela signifie s’adapter aux nouvelles règles… et garder un œil attentif sur les panneaux.


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