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- Une aide de la CAF réservée aux plus de 55 ans dans les Outre-mer
- Plus de 600 € par mois depuis la revalorisation d’août 2025
- Des conditions très strictes qui limitent le nombre de bénéficiaires
- Une aide confidentielle : seulement 7 100 bénéficiaires fin 2022
- Un choix à bien réfléchir avant de quitter le marché du travail
Vous approchez de la retraite et vos revenus risquent de baisser ? Si vous vivez dans certains territoires d’outre-mer, une aide discrète mais très intéressante peut compléter votre budget de fin de carrière. Versée par la CAF ou la MSA, cette allocation peut dépasser les 600 euros par mois, à condition de remplir des critères bien précis. Pourtant, elle reste largement sous-utilisée par les personnes qui pourraient y prétendre.
Une aide de la CAF réservée aux plus de 55 ans dans les Outre-mer
La caisse d’allocations familiales ne s’occupe pas seulement des familles avec enfants. Elle gère aussi des dispositifs spécifiques pour les adultes proches de la retraite, surtout dans les départements et régions d’outre-mer. C’est le cas du revenu de solidarité outre-mer, plus connu sous le sigle RSO.
Le RSO s’adresse aux personnes âgées d’au moins 55 ans qui vivent dans certains territoires ultramarins. Sont concernés : la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Mayotte, en revanche, ne fait pas partie de ce dispositif.
Cette aide a été revalorisée par un décret publié au Journal officiel et appliquée à partir du 6 août 2025. Son objectif est clair : offrir un revenu de relais aux personnes proches de la retraite, qui quittent définitivement le marché du travail mais ne touchent pas encore leur pension.
Plus de 600 € par mois depuis la revalorisation d’août 2025
Depuis avril 2025, le montant mensuel du RSO était fixé à un peu moins de 600 euros. Avec la revalorisation du 6 août 2025, ce montant a été porté à 608,91 € par mois. C’est donc une aide qui peut peser lourd dans le budget des foyers concernés, surtout dans une période de transition vers la retraite.
Comme souvent avec les allocations de la CAF, le montant précis dépend toutefois des ressources du foyer. Sur son site, l’organisme rappelle que les revenus mensuels moyens ne doivent pas dépasser certains plafonds. Pour bénéficier du RSO à taux plein, la CAF indique que : « Les revenus de votre foyer divisés par 12 ne doivent pas dépasser : 1 002,40 € si vous vivez seul ; 1 575,20 € si vous vivez en couple. »
Si vos ressources dépassent légèrement ces plafonds, tout n’est pas perdu. La CAF précise en effet que le RSO est alors ajusté : son montant correspond à la différence entre le plafond fixé et vos revenus mensuels. Le calcul est donc individualisé, ce qui permet d’adapter l’aide à chaque situation.
Des conditions très strictes qui limitent le nombre de bénéficiaires
Si cette allocation reste peu demandée, ce n’est pas un hasard. Les conditions pour l’obtenir sont particulièrement strictes. Première exigence : avoir au moins 55 ans. Deuxième condition importante : être déjà bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA) depuis au moins deux ans, sans avoir travaillé durant cette période.
Ce point est essentiel : ouvrir un droit au RSO implique d’accepter de quitter définitivement le marché du travail. Une fois le RSO accordé, le versement du RSA prend automatiquement fin. Cette transition vers un statut d’inactif définitif peut freiner certaines personnes, qui préfèrent garder la possibilité de reprendre un emploi.
Autre limite : le RSO ne peut être versé qu’à un seul membre du foyer. Il est géré par la CAF ou la Mutualité sociale agricole (MSA), selon le régime de protection sociale du demandeur. Et il n’est pas compatible avec d’autres prestations comme l’allocation aux adultes handicapés (AAH), le minimum vieillesse, l’allocation supplémentaire d’invalidité ou certaines pensions d’invalidité de 2e ou 3e catégorie.
Une aide confidentielle : seulement 7 100 bénéficiaires fin 2022
Malgré son intérêt financier, le revenu de solidarité outre-mer reste très peu connu du grand public. Les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) sont parlants : fin 2022, seules 7 100 personnes touchaient le RSO dans les territoires concernés.
La DREES observe même une baisse du recours à ce dispositif depuis 2011, année d’instauration du RSA dans les DROM. Elle note que : « Le taux de recours au RSO baisse depuis début 2011, date de l’instauration du RSA dans les DROM. » Autrement dit, de plus en plus de foyers préfèrent conserver le RSA plutôt que de basculer vers le RSO.
Plusieurs raisons expliquent cette situation. D’abord, pour certains foyers, le montant du RSO est moins élevé que celui du RSA. Ensuite, le RSA ouvre droit à des avantages associés : accompagnement vers l’insertion, réductions tarifaires sur certains services, voire prime de Noël. Autant d’éléments que le RSO ne propose pas.
Un choix à bien réfléchir avant de quitter le marché du travail
En pratique, demander le RSO revient à faire un vrai choix de vie. Accepter cette aide, c’est s’engager à ne plus retourner sur le marché du travail et à vivre avec ce revenu jusqu’à l’arrivée de la retraite. Certaines personnes hésitent donc à franchir le pas, par peur de se fermer des portes ou de perdre des droits liés au RSA.
D’autres préfèrent rester dans le dispositif RSA, même si leurs revenus sont modestes, pour garder un lien avec l’emploi et bénéficier des actions d’accompagnement. Dans un contexte économique incertain, conserver une possibilité de reprise d’activité peut sembler plus rassurant que de s’inscrire dans un schéma définitif.
Pour ceux qui remplissent les conditions et envisagent vraiment d’arrêter de travailler, le RSO reste cependant une piste à étudier. Il peut offrir un complément de revenu précieux dans les dernières années avant la pension, surtout pour les personnes ayant des carrières incomplètes ou des ressources faibles.
En résumé, cette aide de la CAF ciblée sur les plus de 55 ans dans les Outre-mer est un outil financier puissant mais encore largement sous-exploité. Avant de partir à la retraite, prendre le temps de se renseigner sur le revenu de solidarité outre-mer, de simuler son montant et de comparer avec le RSA peut permettre d’éviter de laisser plusieurs centaines d’euros par mois sur la table.

