« Rien n’a bougé, je fais ma grève de la faim » : face à un squat, une propriétaire manifeste publiquement à Nantes

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À Nantes, une histoire pour le moins insolite secoue le quartier centre-ville : Marie-Claude, 73 ans, a décidé de mener une grève de la faim sur la voie publique pour protester contre un locataire qui a bloqué l’accès à sa maison et refuse de régler son loyer. Entre serrures sabotées et impayés, cette situation illustre les difficultés que peuvent rencontrer les propriétaires face à des locataires indélicats.

Un conflit qui commence avec une location

Tout a débuté avec la maison de famille de Marie-Claude, située en plein cœur de Nantes. Elle avait accepté de louer une chambre meublée à un homme d’une cinquantaine d’années recommandé par une association locale. Le bail était prévu pour un an, mais très rapidement, des complications sont apparues. Selon Marie-Claude, interrogée par France Info : « Au bout de deux mois, cette personne a obturé la porte d’entrée en laissant sa clé dans la serrure. J’ai demandé conseil. L’avocat m’a dit de changer la serrure, ce que j’ai fait. Mais, depuis, il a siliconé toutes les serrures de la maison et je n’y ai plus accès. Le loyer n’est pas payé dans son intégralité, voire pas du tout. »

Du côté du locataire, le récit est très différent. Il explique à France Info : « Je n’ai rien à me reprocher… Elle m’a envoyé un cabinet d’huissier et je leur ai envoyé toutes les preuves comme quoi je payais mes loyers. Depuis, je n’ai plus de nouvelles, donc c’est en règle. » Le désaccord porte donc à la fois sur l’accès à la maison et sur le paiement des loyers, chacun des protagonistes défendant sa version.

Une décision radicale : la grève de la faim

Après plusieurs tentatives de conciliation restées vaines, Marie-Claude a choisi une action spectaculaire pour faire entendre sa voix. Elle s’installe place Royale à Nantes, avec un panneau pour expliquer sa situation, et recueille des signatures malgré le froid. « Rien n’a bougé, je fais ma grève de la faim », déclare-t-elle à RTL. Elle veut alerter sur sa maison partiellement inaccessible, les travaux impossibles à réaliser et les loyers non versés.

Le locataire, quant à lui, a déposé trois plaintes : pour violation de domicile, pour vol de clés et pour diffamation. Cette escalade judiciaire complique encore davantage la situation et illustre combien les conflits locatifs peuvent devenir rapidement ingérables.

Les enjeux juridiques et financiers

Cette affaire met en lumière l’importance du respect des contrats de location. Le rôle des serrures et de l’accès aux lieux privatifs et communs est crucial. Dans ce cas précis, la propriétaire a changé une serrure, ce qui a conduit le locataire à bloquer toutes les autres. Une spirale qui a conduit à l’exposition médiatique et à des tensions accrues.

Sur le plan financier, il est essentiel de vérifier régulièrement le paiement du loyer. L’avocat du locataire, Maître Marwin Le Provost, estime que l’impayé s’élève à 600 euros, dû à un ajustement des aides CAF et en cours de régularisation. Il précise : « Rien ne justifie pareil emballement. Mon client s’interroge d’ailleurs sur le silence opposé à sa proposition de résolution amiable formulée il y a un mois. En outre, Madame se présente aujourd’hui comme en situation d’indigence, alors qu’elle est multipropriétaire et parfaitement en mesure d’exercer les voies de droit qui s’offrent à elle. »

Cette situation rappelle que, pour un propriétaire comme pour un locataire, un conflit mal géré peut rapidement dégénérer et prendre une tournure judiciaire, compromettant l’usage du logement et la relation contractuelle.

Une affaire qui interpelle

Ce cas de figure, bien que particulier, soulève des questions universelles pour les propriétaires et les locataires. Il montre l’importance :

  • De respecter scrupuleusement les contrats de location ;
  • De veiller à l’accès aux parties privatives et communes ;
  • De suivre de près le paiement des loyers et de résoudre les différends rapidement ;
  • D’utiliser les voies légales avant d’entamer des actions spectaculaires sur la voie publique.

Pour Marie-Claude, cette grève de la faim n’est pas seulement un acte de désespoir, c’est une manière de sensibiliser le public et de mettre en lumière les difficultés rencontrées par certains propriétaires. Elle souhaite que son combat serve d’avertissement et de leçon pour éviter que d’autres ne vivent la même impasse.

En bref

  • Marie-Claude, 73 ans, propriétaire à Nantes, loue une chambre à un homme ;
  • Le locataire bloque l’accès à la maison en siliconant les serrures ;
  • La propriétaire engage une grève de la faim pour dénoncer la situation ;
  • Cette affaire souligne l’importance du respect des contrats de location et de la communication entre propriétaires et locataires.

Dans cette affaire, la situation dramatique de Marie-Claude rappelle que chaque conflit locatif peut rapidement s’envenimer, qu’il s’agisse d’accès au logement ou de loyers impayés. Le dialogue, la vigilance et le recours aux voies légales restent les meilleurs outils pour protéger son patrimoine tout en évitant l’escalade judiciaire.


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