Afficher les titres Masquer les titres
- Une escroquerie qui se propage dans les grandes surfaces
- Des réseaux itinérants, organisés et très rentables
- Comment ces escrocs s’y prennent en caisse
- Distraction, vol éclair et retraits immédiats
- Les gestes à adopter pour se protéger en magasin
- Les recommandations clés de la gendarmerie
- Que faire si vous êtes victime de ce type d’arnaque ?
Payer ses courses en toute tranquillité devient de plus en plus compliqué. Dans de nombreux supermarchés, une nouvelle forme d’arnaque à la carte bancaire se répand à grande vitesse. Des escrocs organisés ciblent les clients au moment où ils sont le plus vulnérables : en caisse, les bras chargés, pressés de rentrer chez eux. En quelques minutes, ils récupèrent le code et la carte, puis vident le compte avant même que la victime ne comprenne ce qui lui arrive. Face à cette menace, la gendarmerie multiplie les messages d’alerte et appelle chacun à redoubler de vigilance.
Une escroquerie qui se propage dans les grandes surfaces
Au départ, cette arnaque a été repérée dans le Rhône. Mais très vite, les forces de l’ordre ont constaté qu’elle ne se limitait plus à un seul département. Les mêmes méthodes ont été signalées dans d’autres régions, signe que des groupes structurés se déplacent de ville en ville pour multiplier les coups. Leur objectif est simple : frapper vite, partir vite, et recommencer ailleurs avant que les enquêteurs aient le temps d’agir.
Les grandes surfaces et centres commerciaux sont devenus leur terrain de chasse favori. Ils profitent de la foule ; du bruit ; des files d’attente pour se fondre dans le décor. Là où il y a beaucoup de clients, il y a plus de cibles potentielles, mais aussi plus de confusion. Résultat : les enquêteurs estiment que ces réseaux peuvent engranger des milliers d’euros par jour en s’attaquant à des dizaines de victimes dans différents magasins.
Des réseaux itinérants, organisés et très rentables
Ces escrocs ne travaillent pas au hasard. Ils fonctionnent en véritables équipes, avec une répartition précise des rôles. Certains repèrent les lieux, d’autres surveillent les caisses, d’autres encore s’occupent des retraits une fois la carte volée. Cette organisation bien huilée leur permet d’agir très rapidement, tout en restant discrets.
Leur mobilité est leur meilleure arme. Ils changent régulièrement de département pour éviter de se faire reconnaître par les commerçants ou les forces de l’ordre. Une fois qu’une zone est jugée trop risquée, ils repartent ailleurs et recommencent la même méthode. C’est cette capacité à se déplacer et à frapper en série qui inquiète particulièrement la gendarmerie, qui redoute une généralisation du phénomène sur tout le territoire.
Comment ces escrocs s’y prennent en caisse
Le mode opératoire est aussi simple que redoutablement efficace. Tout commence en caisse, au moment du paiement par CB. Un premier complice se place derrière ou à côté de la victime, l’air de rien. Son but : observer discrètement la saisie du code secret. Il profite d’un geste mal protégé, d’une position mal orientée ou d’un reflet sur un écran pour mémoriser les chiffres.
Une fois le code repéré, l’information est transmise aux autres membres du groupe par un geste discret ou un message rapide. La victime, elle, ne se doute de rien et quitte la caisse pour ranger ses affaires, récupérer ses sacs ou rejoindre sa voiture. C’est à ce moment-là qu’un deuxième complice la suit, parfois jusqu’au parking du supermarché, en attendant l’instant propice.
Distraction, vol éclair et retraits immédiats
À la sortie ou sur le parking, la diversion commence. Un complice invente un prétexte : un sac qui serait tombé ; un billet par terre ; un problème avec les courses ; une fausse demande d’aide. Pendant que la victime détourne son attention, un autre voleur en profite pour subtiliser le portefeuille ou la carte bancaire dans un sac ouvert, un manteau ou une poche.
Une fois la carte en main et le code mémorisé, tout s’enchaîne très vite. Les escrocs se rendent au distributeur automatique le plus proche pour effectuer des retraits en série, ou réalisent des paiements importants. En quelques minutes, le compte peut être vidé. Quand la victime se rend compte du vol, il est souvent déjà trop tard : une grande partie de l’argent a disparu.
Les gestes à adopter pour se protéger en magasin
Face à cette arnaque qui se multiplie, la gendarmerie insiste sur la nécessité d’adopter quelques réflexes simples mais essentiels. La première règle consiste à protéger systématiquement son code lors du paiement. Il suffit de cacher le clavier avec sa main ou son porte-monnaie ; de se rapprocher de la machine ; de veiller à ce que personne ne regarde par-dessus son épaule. Ce geste doit devenir automatique.
Il est également recommandé de rester très attentif à ce qui se passe autour de soi au moment du règlement. Une personne qui se colle un peu trop ; qui paraît insister pour rester derrière vous ; qui multiplie les regards en direction du terminal doit immédiatement éveiller la méfiance. Enfin, après chaque paiement, il faut ranger sa carte immédiatement dans un endroit sécurisé, et éviter de laisser le portefeuille ouvert dans le caddie ou le sac.
Les recommandations clés de la gendarmerie
Les forces de l’ordre rappellent plusieurs consignes simples à appliquer à chaque utilisation d’une CB :
- Dissimuler le clavier avec la main lors de la composition du code ;
- Surveiller les personnes trop proches en file d’attente ou en caisse ;
- Ranger immédiatement la carte dans un portefeuille fermé ou une poche sécurisée ;
- Séparer le code PIN et la carte, ne jamais les conserver au même endroit ;
- Signaler sans attendre tout comportement suspect au personnel du magasin ou aux forces de l’ordre.
Que faire si vous êtes victime de ce type d’arnaque ?
Si malgré toutes ces précautions votre carte est volée, la réaction doit être immédiate. Le premier réflexe est de contacter votre banque pour faire opposition, via le numéro d’urgence ou l’application mobile. Cette étape bloque aussitôt les retraits et paiements, et limite les pertes financières. La plupart des établissements disposent de services disponibles à toute heure pour gérer ce type de situation.
Ensuite, il est indispensable de déposer une plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Ce signalement permet d’alimenter les enquêtes en cours, d’identifier d’éventuels réseaux et, dans certains cas, de faciliter les démarches de remboursement. Plus les victimes se manifestent vite, plus les autorités peuvent repérer les zones touchées et renforcer les contrôles.
Au final, cette arnaque aux cartes bancaires en supermarché montre à quel point quelques secondes d’inattention peuvent coûter cher. En protégeant son code, en surveillant son entourage et en réagissant vite en cas de problème, chacun peut réduire fortement les risques. La vigilance de tous, combinée aux actions des forces de l’ordre, reste la meilleure arme pour freiner ces escroqueries qui se nourrissent du quotidien des consommateurs.

