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- Un tournant dans le budget 2026 pour les services à la personne
- Un amendement porté par Christine Pirès Beaune
- Le crédit d’impôt pour les services à la personne, comment ça marche ?
- Qui est vraiment touché par la baisse du plafond ?
- Une mesure qui divise la classe politique
- Ce que les familles doivent retenir pour 2026
Pendant des années, le crédit d’impôt pour les services à la personne a été présenté comme un vrai coup de pouce pour les familles : garder les enfants, aider un proche âgé, faire venir une aide-ménagère… tout cela coûtait cher, mais l’État remboursait une partie de la note. Avec le budget 2026, la donne change. Le plafond de cet avantage fiscal va baisser, et pour certains foyers, la facture risque d’augmenter nettement, au moment même où le coût de la vie reste sous pression.
Un tournant dans le budget 2026 pour les services à la personne
Le samedi 25 octobre, les députés ont examiné une mesure clé du projet de loi de finances pour 2026. Au cœur des débats : la volonté du gouvernement de réduire le déficit public. Pour atteindre cet objectif, une piste a été retenue : revoir à la baisse le plafond du crédit d’impôt pour les services à la personne, ce dispositif qui allège la facture de millions de ménages employant quelqu’un à domicile.
Cette décision intervient dans un contexte budgétaire tendu. Les dépenses publiques sont scrutées de près, et chaque « niche fiscale » est passée au crible. Le crédit d’impôt pour les services à la personne n’y échappe pas. Longtemps considéré comme un levier pour soutenir l’emploi à domicile et lutter contre le travail au noir, il devient aujourd’hui une ligne de plus en plus coûteuse pour l’État, ce qui explique ce tour de vis fiscal.
Un amendement porté par Christine Pirès Beaune
La mesure adoptée trouve son origine dans un amendement défendu par la députée socialiste Christine Pirès Beaune. Son idée : réduire le plafond du crédit d’impôt pour les services à la personne (Cisap). Concrètement, le plafond annuel des dépenses prises en compte passerait de 12 000 € à 10 000 €. Pour la première année, le plafond majoré actuellement fixé à 15 000 € serait ramené à 13 000 € ; une manière d’étaler l’effort, sans tout couper d’un coup.
L’amendement a été adopté avec 187 voix sur 320 votants, signe qu’un compromis a été recherché entre plusieurs camps politiques. Il s’agit de montrer que l’on peut à la fois soutenir les foyers qui emploient des salariés à domicile, tout en réduisant l’ardoise pour les finances publiques. La difficulté, évidemment, sera de ne pas fragiliser les familles qui s’appuient au quotidien sur ces services.
Ce changement intervient alors que le coût de cette niche fiscale a explosé. En quelques années, la facture est passée d’environ 4 milliards d’euros à plus de 7,21 milliards d’euros en 2025. Une progression qui, pour certains élus, justifie de revoir les règles du jeu. Pour d’autres, au contraire, cette hausse reflète le succès du dispositif et son utilité sociale.
Le crédit d’impôt pour les services à la personne, comment ça marche ?
Le crédit d’impôt pour les services à la personne permet de récupérer 50 % des dépenses engagées lorsqu’on emploie quelqu’un à domicile, dans la limite du plafond fixé par la loi. Il ne s’agit pas seulement d’une réduction d’impôt : même les foyers peu imposés peuvent en bénéficier, ce qui en fait un outil important pour de nombreuses familles.
Ce dispositif couvre une large palette d’activités, au total 26 services éligibles ; la garde d’enfant à domicile ; l’assistance aux personnes âgées ou handicapées ; l’entretien de la maison ; les travaux ménagers ; les petits travaux de bricolage ; les petits travaux de jardinage ; l’assistance informatique et internet à domicile. Autant de prestations qui, sans aide fiscale, seraient inaccessibles pour une partie des ménages.
Sur le papier, le mécanisme se veut simple : vous payez un service déclaré, l’État vous rembourse une partie de la somme via le crédit d’impôt. Mais derrière cette simplicité, une réalité moins uniforme apparaît. Tous les foyers ne profitent pas de la même façon du dispositif, et tout le monde n’atteint pas les plafonds prévus par la loi.
Qui est vraiment touché par la baisse du plafond ?
Un point revient régulièrement dans le débat : ce sont surtout les ménages les plus aisés qui atteignent les plafonds du crédit d’impôt. Ils ont les moyens d’employer régulièrement une aide à domicile, une nounou, un jardinier ou une femme de ménage plusieurs heures par semaine. Ce sont donc eux qui seront les premiers concernés par la baisse de plafond de 12 000 € à 10 000 €.
Pour autant, cela ne signifie pas que les autres foyers sont totalement épargnés. Certains ménages, de classe moyenne, qui cumulent plusieurs types de services à la personne (garde d’enfants et accompagnement d’un parent âgé par exemple) peuvent eux aussi frôler ces plafonds. Pour eux, la mesure peut se traduire par une hausse non négligeable du reste à charge, dans un contexte où chaque euro compte.
Une mesure qui divise la classe politique
L’adoption de cet amendement met en lumière des visions opposées. À gauche, plusieurs responsables politiques rappellent que ce crédit d’impôt bénéficie d’abord aux foyers les plus aisés, et qu’il contribue, selon eux, à creuser les inégalités fiscales. Réduire le plafond serait donc une manière de rendre le système un peu plus juste, tout en libérant des marges pour financer d’autres priorités.
À droite, en revanche, on insiste sur un autre aspect : le rôle du dispositif dans la création d’emplois et la lutte contre le travail non déclaré. Moins de soutien fiscal pourrait, selon ces élus, freiner l’emploi à domicile et pousser certains ménages à se tourner vers le travail au noir, au détriment des salariés et de la protection sociale.
La réforme adoptée cherche ainsi un équilibre fragile : réduire le déficit public, limiter le coût des niches fiscales, mais sans casser une filière qui fait travailler des centaines de milliers de personnes. Reste à voir si ce compromis tiendra une fois les nouvelles règles pleinement appliquées dans la vie des familles.
Ce que les familles doivent retenir pour 2026
Pour les ménages qui emploient des services à la personne, l’enjeu est désormais d’anticiper :
- Baisse du plafond de dépenses ;
- impact sur le montant du crédit d’impôt ;
- éventuel reste à charge plus élevé ;
- choix à faire entre certains services.
Un bilan précis des dépenses engagées chaque année peut aider à mesurer l’effet de la réforme sur le budget du foyer.
Au final, cette évolution du crédit d’impôt rappelle une chose : derrière les lignes d’un budget de l’État, ce sont des emplois, des habitudes de vie et des équilibres familiaux qui se jouent. Entre soutien aux services à la personne et maîtrise du déficit, le curseur a été légèrement déplacé. Reste aux familles, et aux acteurs du secteur, à s’adapter à cette nouvelle donne fiscale dès 2026.

