France Travail : un changement majeur arrive en janvier pour les demandeurs d’emploi, et les réactions affluent

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Dès le début de l’année prochaine, les moins de 26 ans en recherche d’un emploi vont vivre un véritable tournant dans leurs démarches. Le nouveau dispositif piloté par France Travail modifie en profondeur le suivi, l’orientation et l’accompagnement des jeunes. Objectif affiché : mieux coordonner les acteurs de l’insertion et personnaliser les parcours. Mais ces changements, très concrets au quotidien, suscitent déjà de nombreuses réactions sur le terrain.

Quels jeunes doivent désormais obligatoirement s’inscrire auprès de France Travail ?

À partir de janvier, certains profils de jeunes n’auront plus le choix : l’inscription auprès de France Travail deviendra une obligation. Sont concernés ceux qui bénéficient déjà d’un suivi structuré, comme les jeunes inscrits dans un PACEA ou engagés dans un contrat d’engagement jeune. Les personnes accompagnées par une mission locale et intégrées dans un parcours contractuel entrent également dans ce champ obligatoire.

Concrètement, un jeune qui suit un parcours d’insertion avec une mission locale ou qui reçoit un accompagnement renforcé devra être déclaré dans le système de France Travail. L’idée des pouvoirs publics est claire : éviter les “trous dans la raquette” et s’assurer qu’aucun jeune en difficulté ne reste en dehors des radars institutionnels.

Certains cas resteront toutefois exemptés. Les jeunes qui reprennent une formation scolaire ou universitaire, ceux qui traversent une période de problèmes de santé nécessitant un suivi spécifique, ou encore ceux engagés dans des actions citoyennes pourront échapper à cette formalité. Des parcours d’insertion très particuliers continueront aussi d’être gérés en dehors de cette logique d’inscription obligatoire.

Une interconnexion renforcée entre France Travail et les missions locales

Pour rendre ce nouveau système opérationnel, un gros travail de coordination technologique a été engagé. Dès décembre 2024, avant même l’entrée en vigueur officielle de la réforme, les systèmes informatiques de France Travail et des missions locales ont commencé à être reliés. Cette interconnexion permet d’identifier les jeunes suivis par l’une ou l’autre structure et de repérer ceux qui n’apparaissent nulle part.

L’objectif est simple : ne plus perdre de vue un jeune en difficulté au détour d’un changement de structure ou d’une démarche administrative. Cette harmonisation doit éviter les ruptures dans les parcours et faciliter l’orientation vers le bon interlocuteur. Les missions locales, déjà très présentes sur le terrain, resteront au cœur du dispositif, mais avec un lien plus direct avec France Travail.

Pour l’État, il s’agit aussi de bâtir un environnement institutionnel plus lisible. Jusqu’ici, les jeunes se retrouvaient souvent à naviguer entre plusieurs organismes sans savoir à qui s’adresser. Avec cette réforme, les pouvoirs publics veulent afficher une ligne plus claire, en organisant un suivi continu, plus réactif et mieux documenté des situations individuelles.

Un parcours d’orientation plus structuré et entièrement dématérialisé

Autre changement majeur : la manière de s’inscrire et d’être orienté. Dorénavant, la première étape passera presque systématiquement par une inscription en ligne, soit directement sur le site de France Travail, soit via le portail du service public dédié à l’emploi. Cette dématérialisation vise à simplifier les démarches et à rendre le système plus accessible, notamment pour les jeunes déjà à l’aise avec les outils numériques.

Une fois inscrit, chaque jeune sera dirigé vers la structure la plus adaptée à sa situation. Ceux qui cumulent difficultés sociales, scolaires ou personnelles seront plutôt orientés vers une mission locale. Un questionnaire d’orientation, rempli avec l’aide d’un conseiller, permettra d’identifier les besoins prioritaires : retour à la formation, recherche d’emploi, accompagnement social, aide à la mobilité, etc.

Le cœur du dispositif repose sur la désignation d’un référent unique. Ce professionnel suivra le jeune du début à la fin du parcours, pour éviter les changements d’interlocuteurs à répétition. Ensemble, ils établiront un contrat d’engagement avec des objectifs concrets : reprise d’études, entrée en formation, stages, recherche active d’emploi, levée de freins sociaux. Cette approche se veut plus humaine et plus suivie que les anciens dispositifs jugés parfois trop impersonnels.

Une modernisation numérique ambitieuse, mais pleine de défis

La réforme ne se limite pas à des changements de procédure : elle s’appuie aussi sur une modernisation en profondeur des outils numériques. Un système d’information commun doit être progressivement déployé à partir de janvier 2026. Il permettra de suivre en temps réel les parcours, d’enregistrer les engagements pris, les rendez-vous, les formations suivies et les offres d’emploi proposées.

Mais cette modernisation ne sera efficace que si les professionnels de l’insertion parviennent à s’approprier ces nouveaux outils. Beaucoup de conseillers devront adapter leurs pratiques, jongler entre accompagnement humain et gestion des données. Un équilibre délicat, souvent décrit dans d’autres secteurs publics, comme celui de la lutte contre les fraudes sociales, où la qualité des systèmes d’information est devenue centrale.

La grande ambition reste la même : réduire le chômage des moins de 26 ans grâce à un suivi plus serré et des réponses plus rapides. Les jeunes doivent être mieux armés pour saisir les opportunités dans les secteurs qui recrutent, qu’il s’agisse du numérique, des services, de la transition écologique ou de l’aide à la personne.

Dans les prochains mois, la réussite de cette transformation dépendra de plusieurs facteurs : la capacité des équipes à s’adapter, la fiabilité des outils numériques et la qualité du lien de confiance avec les jeunes eux-mêmes. Si la réforme parvient à combiner technologie, personnalisation et écoute, France Travail pourrait devenir un véritable point d’appui pour une génération qui cherche sa place sur le marché de l’emploi. Dans le cas contraire, les critiques déjà nombreuses risquent de se renforcer.


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