Elle tente de retirer 4 000 € de son Livret A : La Banque Postale ne lui délivre que 17 € et dit que c’est normal

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Ce qui devait être une simple opération bancaire s’est transformé en véritable choc pour une cliente de La Banque Postale. En souhaitant retirer l’intégralité des 4 000 euros placés sur son Livret A, elle s’est vu remettre seulement… 17 euros. Une somme dérisoire, que l’établissement a pourtant justifiée en expliquant qu’il respectait strictement la réglementation. Derrière ce cas surprenant se cache un problème bien plus large : les conséquences de l’inactivité sur les comptes d’épargne.

Pourquoi l’épargne sur un Livret A n’est pas toujours aussi “tranquille” qu’on le croit

Pour beaucoup de Français, le Livret A est synonyme de sécurité. On y dépose de l’argent, on l’oublie, et on le retrouve quand on en a besoin. Mais cette histoire rappelle qu’un compte resté sans mouvement pendant des années peut être requalifié en compte inactif, avec des conséquences lourdes sur les sommes réellement disponibles.

Dans le cas de cette cliente, la banque n’a pas commis de faute. Elle a appliqué les règles qui encadrent les comptes abandonnés. Lorsque l’épargne n’est plus gérée ni consultée, une partie des fonds peut être transférée vers la Caisse des Dépôts, laissant un solde très faible sur le livret. L’incident interroge sur la manière dont les épargnants surveillent – ou non – leurs placements.

Cette situation met en lumière une autre réalité : beaucoup laissent leurs économies “dormir” sans se connecter à leur espace client, sans vérifier leurs relevés ni actualiser leurs coordonnées. À terme, cette absence de suivi peut mener à des surprises aussi brutales que celle vécue par cette cliente de La Banque Postale.

Les bons réflexes pour garder son épargne accessible

Pour éviter ce type de mésaventure, la première règle reste la vigilance. Un compte d’épargne ne doit jamais être totalement oublié. Les conseillers bancaires recommandent d’effectuer régulièrement au moins une petite opération sur chaque livret, même de quelques euros. Cela suffit à montrer que le compte est toujours suivi par son titulaire.

Autre geste simple : consulter régulièrement ses comptes en ligne. Aujourd’hui, les banques proposent toutes des applications mobiles et des espaces sécurisés permettant de jeter un œil rapide à son épargne. Une connexion occasionnelle, la vérification d’un relevé ou l’activation d’alertes par SMS ou e-mail peuvent faire la différence face au risque d’inactivité prolongée.

Voici quelques réflexes essentiels pour garder vos comptes bien vivants :

  • réaliser au moins une transaction chaque année sur chaque livret ;
  • consulter ses relevés via l’application ou l’espace client en ligne ;
  • activer les notifications automatiques sur son smartphone ;
  • mettre à jour régulièrement son adresse postale et son numéro de téléphone ;
  • prévenir sa banque en cas de déménagement ou de changement de situation.

La communication avec son banquier reste aussi capitale. Lorsque vous changez d’adresse, d’e-mail ou de numéro de téléphone, il est indispensable d’en informer rapidement votre établissement. Sinon, les courriers d’alerte liés à l’inactivité du compte risquent de ne jamais vous parvenir, et les procédures se poursuivent sans que vous en soyez informé.

Ce que dit la loi sur les comptes bancaires inactifs

Depuis plusieurs années, la législation française encadre de manière stricte le sort des comptes inactifs. Dès qu’un livret n’enregistre plus aucune opération pendant une longue période et que son titulaire ne se manifeste plus, la banque est tenue de suivre une procédure très précise, identique pour toutes les grandes enseignes.

Au bout de dix ans sans mouvement et sans contact avec le client, le compte est officiellement considéré comme dormant. L’établissement doit alors envoyer des courriers au dernier domicile connu pour tenter de joindre l’épargnant. En l’absence de réponse, la majorité des sommes est ensuite transférée à la Caisse des Dépôts et Consignations, où l’argent sera conservé pendant vingt années supplémentaires.

Avant ce transfert définitif, plusieurs étapes se succèdent :

  • moins de 5 ans d’inactivité : simple constat, pas de conséquence immédiate ;
  • entre 5 et 10 ans : envoi de courriers officiels pour inviter à réactiver le compte ;
  • entre 10 et 30 ans : transfert des fonds à la Caisse des Dépôts, avec possibilité de récupération ;
  • au-delà de 30 ans : les sommes non réclamées sont définitivement perdues.

Le maintien d’un petit solde, comme ces 17 euros laissés sur le Livret A de la cliente, s’explique par l’obligation pour la banque de conserver un montant résiduel tant que le compte n’est pas fermé. Le gros du capital, lui, n’a pas disparu : il a simplement changé de gestionnaire.

Des milliards d’euros encore en attente de leurs propriétaires

Les chiffres officiels montrent l’ampleur du phénomène. Depuis la création de Ciclade, plusieurs milliards d’euros ont été redistribués à leurs légitimes propriétaires ou à leurs héritiers. Rien qu’en 2024, l’État a reversé environ 7 milliards d’euros provenant de comptes dormants et de contrats non réclamés.

Derrière ces statistiques impressionnantes, on trouve des milliers de foyers qui ignoraient totalement l’existence de ces sommes. Il peut s’agir d’un ancien livret ouvert il y a des décennies, d’un compte resté dans une banque après un déménagement, ou encore d’un produit d’épargne hérité mais jamais réclamé. Dans certains cas, ces montants représentent un vrai coup de pouce pour le budget familial.

Au final, l’histoire de cette cliente de La Banque Postale est un rappel utile pour tous : un Livret A n’est pas un coffre-fort que l’on ferme pour l’ouvrir vingt ans plus tard sans se poser de questions. Surveiller ses comptes, rester en contact avec sa banque et, au besoin, consulter Ciclade sont devenus des gestes indispensables pour ne pas laisser son épargne filer entre les mailles du filet administratif.


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