Coup de théâtre à Montpellier : des jeunes passants tombent dans une étonnante arnaque au faux virement

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Un sourire, quelques mots rassurants et un écran de téléphone brandi au bon moment. À Montpellier, une escroquerie aussi simple qu’efficace a permis à un jeune homme de soutirer près de 8 000 euros à plusieurs passants. Quatre victimes, une même méthode, et un scénario qui s’est répété presque à l’identique dans différents quartiers de la ville.

Une rencontre banale qui vire au piège

Les faits débutent le 22 décembre, dans le secteur de l’Arbre Blanc. Un automobiliste aborde un jeune piéton de 24 ans pour demander un simple renseignement. Très vite, la discussion change de ton. L’homme explique que sa carte bancaire serait bloquée et qu’il a besoin d’argent liquide en urgence.

Il propose alors un arrangement : le jeune accepte de retirer de l’argent pour lui, en échange d’un virement immédiat. La victime retire une centaine d’euros et lui remet 75 euros. Rien ne semble suspect à ce stade.

Le faux virement, cœur de l’arnaque

L’escroc sort son téléphone et montre l’écran de son application bancaire. Lors de la saisie, un montant apparaît : 750 euros au lieu de 75. Il affirme s’être trompé et demande le remboursement de la différence.

Pris de court, le jeune homme le croit. Il retourne au distributeur et retire la somme nécessaire pour atteindre les 750 euros. Les deux hommes échangent même leurs coordonnées, renforçant l’illusion de bonne foi.

L’engrenage des retraits successifs

Peu après, l’escroc recontacte sa victime. Il invoque un nouveau prétexte, expliquant devoir justifier le virement auprès de sa banque. Cette fois, il réclame 1 500 euros supplémentaires.

La victime s’exécute. Le lendemain, un autre motif surgit. Puis un autre encore. À chaque fois, le jeune retire de l’argent, persuadé que les virements vont arriver. Au total, les retraits atteignent 4 500 euros.

Pour rassurer sa proie, l’escroc va jusqu’à signer une reconnaissance de dette. Le document comporte un faux nom, mais fixe un nouveau rendez-vous pour un retrait supplémentaire.

L’intervention de la police

Alertée, la police nationale met en place un dispositif de surveillance. Lors du rendez-vous suivant, la brigade anticriminalité intervient. L’escroc est interpellé alors que la victime vient tout juste de retirer 500 euros pour lui.

L’homme, âgé de 24 ans et originaire de Montpellier, est immédiatement placé en garde à vue.

D’autres victimes, un scénario identique

L’enquête permet rapidement de faire le lien avec d’autres affaires récentes. Quelques jours plus tôt, un jeune homme de 21 ans est abordé dans la rue. La demande initiale porte sur 50 euros. L’escroc prétend ensuite avoir effectué un virement de 1 000 euros par erreur.

Sous pression, la victime finit par lui remettre 700 euros. Le 15 novembre, un autre jeune de 20 ans subit la même approche. Après un refus, il est menacé et cède, versant 1 000 euros.

En mars 2024, un quatrième jeune du même âge est contraint de remettre 1 700 euros dans des circonstances similaires.

Un préjudice total de près de 8 000 euros

Interpellé le 26 décembre 2025, l’escroc est formellement reconnu par les quatre victimes. Le préjudice total avoisine les 8 000 euros.

Face aux enquêteurs, le jeune homme admet les faits. Il affirme avoir réalisé les virements et dit ne pas avoir agi avec de mauvaises intentions, expliquant qu’il devait de l’argent à certaines personnes et en empruntait à d’autres dans la rue.

Une affaire qui rappelle les bons réflexes

Convoqué devant la justice le 18 mars à Montpellier, l’homme s’est engagé à rembourser l’ensemble des victimes. Cette affaire met en lumière une arnaque redoutable, basée sur la confiance et l’urgence.

Elle rappelle aussi l’importance de ne jamais remettre d’argent liquide à un inconnu, même si celui-ci présente une preuve sur son téléphone. Les faux virements sont faciles à simuler et restent l’un des pièges les plus efficaces du moment. À Montpellier comme ailleurs, la vigilance reste la meilleure protection.


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