Piscines publiques : suppression de la vidange annuelle, quels risques pour les usagers ?

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Le gouvernement a récemment annoncé un changement important pour les piscines publiques : la vidange annuelle obligatoire n’est plus systématique. Dorénavant, la fréquence des vidanges sera déterminée en fonction de la qualité réelle de l’eau. Cette décision soulève des questions sur la sécurité et la propreté des bassins, mais aussi sur les économies d’eau et de fonctionnement pour les collectivités.

Des vidanges désormais adaptées à la qualité de l’eau

Jusqu’en 2016, les piscines publiques devaient vidanger complètement leurs bassins au moins deux fois par an. Cette procédure permettait de nettoyer et désinfecter les installations, tout en renouvelant l’eau pour garantir un environnement sain aux baigneurs. Elle concernait tous les types de bassins, y compris les pataugeoires et les bains à remous, ces derniers avec des fréquences spécifiques.

Un décret est ensuite venu réduire cette obligation à une vidange annuelle, mais cette opération reste lourde pour les collectivités. Elle entraîne des fermetures prolongées, des coûts élevés et une consommation d’eau importante, ce qui représente jusqu’à 10 % de l’eau utilisée par une piscine municipale, selon les ministères de la Santé et des Sports.

Le nouveau cadre propose donc une approche plus flexible. Grâce aux travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et aux consultations avec les élus locaux et professionnels du secteur, la Direction générale de la santé (DGS) a mis en place un dispositif permettant d’adapter la fréquence des vidanges à la qualité réelle de l’eau. Les ministères expliquent : « Cette approche plus économe et efficace était une demande de longue date des élus locaux. Elle garantit une eau propre et saine pour tous les usagers ».

Les collectivités bénéficieront ainsi d’avantages concrets :

  • Réduction des temps de fermeture des piscines ;
  • Allègement des charges financières et humaines ;
  • Préservation des ressources en eau.

Les inquiétudes des professionnels

Si cette mesure est soutenue par l’Association nationale des élus en charge du sport (ANDES), elle ne fait pas l’unanimité parmi les professionnels. Le Syndicat national professionnel des maîtres nageurs sauveteurs (SNPMNS) a exprimé de vives réserves dans un rapport remis à l’ANSES. Selon le syndicat : « Nous sommes totalement opposés à la suppression de la vidange annuelle obligatoire. C’est la seule garantie d’un certain maintien de l’hygiène au sein des piscines ».

Le SNPMNS met en avant plusieurs raisons :

  • La vidange permet d’apporter de l’eau neuve, garantissant une base physico-chimique saine, sans chlorures ni autres résidus ;
  • Les produits chimiques et robots nettoyeurs ne remplacent pas l’effet complet de la vidange annuelle ;
  • Cette opération offre l’occasion d’inspecter minutieusement l’état du bâtiment et du matériel.

Pas de risques pour les baigneurs

Pour rassurer le public, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, précise que le nouveau cadre n’entraînera aucun compromis sanitaire. « Adapter la fréquence des vidanges à la qualité réelle de l’eau, c’est concilier performance sanitaire, sobriété en eau et continuité de service pour les usagers. Nous donnons un cap clair : une eau sûre, des fermetures réduites et une gestion plus responsable des équipements publics », indique-t-elle.

L’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France confirme que les contrôles de qualité resteront rigoureux. La fin de l’obligation annuelle ne modifie pas la fréquence des inspections ni les normes sanitaires. Les pédiluves, quant à eux, continueront d’être vidangés et nettoyés quotidiennement pour limiter tout risque d’infection.

Un gain pour les collectivités et l’environnement

Cette réforme n’est pas uniquement administrative. Elle permet aux communes de gérer leurs piscines de manière plus flexible et économique. Les économies réalisées sur l’eau et sur le coût de fonctionnement des piscines sont significatives, tout en conservant un haut niveau de sécurité pour les usagers. Les temps de fermeture réduits sont également un avantage pour les baigneurs, qui peuvent profiter des installations plus longtemps sans interruption.

En résumé, la fin de la vidange annuelle obligatoire vise à moderniser la gestion des piscines publiques. Les baigneurs n’ont pas à s’inquiéter de leur sécurité, tandis que les collectivités peuvent mieux équilibrer leurs budgets et limiter l’impact environnemental. Une réforme qui combine hygiène, économie et responsabilité environnementale, tout en restant attentive à la qualité de l’eau pour tous.


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