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À partir de janvier 2026, demander un titre de séjour en France ne sera plus tout à fait la même démarche. Une étape va peser beaucoup plus lourd dans le dossier : l’examen civique. Jusqu’ici, ce test ressemblait davantage à une formalité qu’à un véritable filtre. Mais la donne change. Résultat obligatoire, seuil de réussite élevé, catégories concernées plus nombreuses : les étrangers vivant en France vont devoir se préparer sérieusement à cette nouvelle étape administrative.
Un examen civique qui cesse d’être une simple formalité
Aujourd’hui, l’examen civique est surtout perçu comme un passage administratif de plus, sans conséquence directe sur la délivrance d’un titre de séjour. Il permet de vérifier quelques connaissances sur la France, ses institutions et ses valeurs, mais le résultat n’est pas déterminant. À compter du 1er janvier 2026, ce test prend une tout autre dimension : il devient un élément central du parcours pour obtenir ou renouveler certains documents.
C’est l’avocate spécialisée en droit des étrangers Raïssa Lemaleu qui sonne l’alerte dans un message publié sur LinkedIn. Elle explique que de « nouvelles obligations » vont entrer en vigueur autour de cet examen. Selon elle, plusieurs catégories de demandeurs n’auront tout simplement plus le choix : ils devront passer le test, et surtout le réussir, pour espérer continuer leurs démarches en France.
Qui devra obligatoirement passer l’examen civique ?
À partir de janvier 2026, plusieurs profils de demandeurs seront automatiquement concernés par cette obligation. En première ligne, on trouve les personnes qui souhaitent obtenir une carte de séjour valable 10 ans. Il s’agit notamment des conjoints de Français, des parents d’enfant français, des bénéficiaires du regroupement familial ou encore des résidents longue durée dans l’Union européenne. Pour tous, l’examen civique devient un passage obligé.
L’avocate souligne aussi que les demandeurs de titre de séjour pluriannuel sont concernés. Que ce soit pour une première demande ou un renouvellement, les titulaires d’un titre étudiant, vie privée et familiale, salarié ou de certains titres « passeport talent » devront également se présenter à cet examen. Autrement dit, une grande partie des étrangers installés légalement en France se retrouve désormais face à cette nouvelle exigence.
Enfin, les candidats à la nationalité française sont eux aussi visés. Ils doivent déjà, depuis plusieurs années, prouver leur niveau en français et passer un test sur les valeurs de la République. Désormais, l’examen civique vient renforcer cet ensemble d’évaluations. La dimension symbolique est forte : obtenir la nationalité ou un droit au séjour durable passe par une compréhension claire de l’histoire et des règles du pays.
Un test avec un seuil de réussite très élevé
La plus grande nouveauté se situe dans la dureté du résultat attendu. L’examen civique est décrit comme « simple dans sa forme », mais « exigeant dans son résultat ». Concrètement, le candidat dispose de 45 minutes pour répondre à 39 questions. Le format reste accessible, mais le niveau requis est clairement relevé : il faut obtenir au moins 80 % de bonnes réponses pour réussir.
Ce seuil ne laisse pas beaucoup de marge. Une poignée d’erreurs peut suffire à faire échouer le test. L’avocate prévient que, si le candidat n’atteint pas ce niveau, il n’obtiendra pas son titre de séjour. Derrière une apparente formalité, c’est donc le projet de vie en France qui peut être remis en jeu. Les personnes concernées auront tout intérêt à se préparer à l’avance, à réviser les grands thèmes abordés et à s’entraîner avant le jour J.
Quels thèmes sont abordés pendant l’examen ?
L’examen civique couvre plusieurs grands domaines. Il porte d’abord sur l’histoire de la France : grandes dates, événements marquants, figures importantes. Il interroge aussi les valeurs de la République, comme la liberté, l’égalité, la laïcité et la fraternité, au cœur de la vie publique française. Ces notions ne sont pas seulement théoriques, elles sont directement liées au fonctionnement des institutions et à la vie quotidienne.
Le test aborde également les droits et les devoirs des citoyens, ainsi que le fonctionnement de la société française. Il peut s’agir par exemple de connaître les principales institutions, le rôle du président, du Parlement, les grands principes de la justice ou encore quelques règles de la vie civique. Selon l’avocate, l’examen se déroule en présentiel, dans des centres agréés, et nécessite de présenter un titre de séjour en cours de validité pour pouvoir s’inscrire.
Fraude, sanctions et blocage des démarches
Un autre point important souligné par la spécialiste concerne les risques de fraude. Face à la pression de cet examen, certains pourraient être tentés de tricher ou de contourner les règles. L’avocate met fortement en garde : les autorités prennent ces comportements très au sérieux. En cas de fraude avérée, les conséquences ne se limitent pas à l’annulation du test.
Elle explique qu’un candidat pris en flagrant délit de triche pourrait être interdit de repasser l’examen pendant deux ans. Une période extrêmement longue quand on dépend d’un titre de séjour ou d’une demande de nationalité. Pendant ces deux années, la personne ne pourrait engager aucune démarche liée à l’obtention d’un titre de séjour ou de la nationalité française. Autrement dit, la triche gèlerait complètement le projet de vie en France.
Se préparer dès maintenant à ces nouvelles règles
Avec ces changements, l’examen civique devient une étape à anticiper, et non plus un simple détail administratif. Les étrangers concernés ont tout intérêt à se renseigner en amont : contenus du test ; centres agréés ; supports de révision ; conditions d’inscription ; documents à présenter le jour de l’examen. Une bonne préparation permet de réduire le stress, de mieux comprendre les attentes et d’augmenter ses chances de réussite.
Au-delà de l’obligation, cet examen peut aussi être vu comme une occasion de mieux connaître le pays où l’on vit ou où l’on souhaite s’installer durablement. Comprendre l’histoire de France, les valeurs qui fondent la République et les droits dont on bénéficie au quotidien aide à se sentir plus à l’aise, plus informé et plus intégré. Dans un contexte où les démarches de séjour sont de plus en plus encadrées, chaque information compte.
En résumé, le début de l’année 2026 marque un tournant pour les titres de séjour et les demandes de nationalité en France. L’examen civique passe au premier plan, avec un seuil élevé, un contrôle renforcé et des sanctions lourdes en cas de fraude. Pour tous ceux qui envisagent de déposer un dossier, un maître-mot s’impose : anticipation. Se préparer tôt, se former aux notions essentielles et respecter les règles sera la meilleure façon d’aborder ces nouvelles exigences sans perdre pied dans les méandres administratifs.

